Silvia Härri

Härri, Silvia
© Philippe Pache

Silvia Härri est née en 1975 à Genève, d’un père suisse et d’une mère italienne. Licenciée en lettres, elle a enseigné la littérature italienne à l’université avant de se tourner vers l’enseignement de l'italien et de l’histoire de l’art au collège Calvin. Elle est auteure de poèmes, de proses poétiques et de nouvelles écrites en français ou en italien. En 2011, elle obtient l'un des prix Studer Ganz pour la Romandie,  en 2012 le prix des écrivains genevois pour son recueil de poèmes Mention fragile, et en 2013 le prix Georges-Nicole pour le recueil de nouvelles Loin de soi.

Bibliographie

  • Je suis mort un soir d’été. Roman, Orbe, Bernard Campiche, 2016.
  • Nouaison, Orbe, Bernard Campiche, 2015.
  • Extravagances, Chavannes-près-Renens, Empreintes, 2015.
  • Loin de soi. Nouvelles, Orbe, Bernard Campiche, 2013.
  • Mention fragile, Couverture et trois illustrations de Fausto Cennamo, Genève, Samizdat, 2013.
  • Balbutier l’absence, Genève, Samizdat, 2010.
  • Sur le fil, Ostra Vetere, Technostampa, 2006.
Je suis mort un soir d'été. Roman (Orbe: Bernard Campiche)
Je suis mort un soir d'été. Roman (Orbe: Bernard Campiche)

«Je suis mort un soir d’été.

Son crépuscule torride brûle dans ma mémoire
comme le soleil au-dessus des collines de Toscane;
il conserve la moiteur de nos sueurs d’enfant, celles
qui nous striaient les tempes, les bras, les épaules
jusqu’à ce que nos vêtements en soient détrempés,
le bourdonnement des guêpes autour des fruits trop
mûrs, cette chaleur d’enfer que la venue de la nuit
ternissait à peine, frémit encore du bruissement des
insectes nocturnes, cigales, grillons et moustiques
tourmentant nos peaux, suinte de ce relent de cauchemar
dont nous n’avons pu nous défaire, le pire
d’entre tous, puisque nous le vivions les yeux écarquillés.

Ça arrive en douce.
À pas feutrés.
Insidieusement.
Dans ce jardin qui nous est familier.»

(Extrait, Silvia Härri, Je suis mort un soir d´été)