David Bosc

Bosc, David
© Sébastien Agnetti

David Bosc, né en 1973 à Carcassonne, vit à Lausanne où il travaille dans l’édition. Il est traducteur (du poète Dino Campana et de Jonathan Swift) et auteur de romans.

Bibliographie

  • Relever les déluges. Récits, Paris, Verdier, 2017.
  • Mourir et puis sauter sur son cheval, Paris, Verdier, 2016.
  • La Fête des cabanes, Lausanne, Art & fiction, 2016.
  • Ein glückliches Exil [La Claire Fontaine]. Courbet in der Schweiz. Roman, traduction de Gabriela Zehnder, Biel/Bienne, Die Brotsuppe, 2014.
  • La Claire Fontaine. Roman, Lagrasse, Verdier, 2013.
  • Milo. Roman, Paris, Allia, 2009.
  • Sang lié. Roman, Paris, Allia, 2005.
  • Ombre portée. Notes sur Louis Aragon et ceux qui l'ont élu. Essai, Cabris, Sulliver, 1999.
  • Georges Darien. Essai, Cabris, Sulliver, 1996.
La claire fontaine
La claire fontaine
L'homme qui venait de franchir la frontière, ce 23 juillet 1873, était un homme mort et la police n'en savait rien. Mort aux menaces, aux chantages, aux manigances. Un homme mort qui allait faire l'amour avant huit jours.
En exil en Suisse, Gustave Courbet s'est adonné aux plus grands plaisirs de sa vie: il a peint, il a fait la noce, il s'est baigné dans les rivières et dans les lacs.
On s'émerveille de la liberté de ce corps dont le sillage dénoue les ruelles du bourg, de ce gros ventre qui ouvre lentement les les eaux, les vallons, les bois. 
Quand il peignait, Courbet plongeait son visage dans la nature, les yeux, les lèvres, le nez, les deux mains, au risque de s'égarer, au risque surtout d'être ébloui, soulevé, délivré de lui-même.
De quel secret rayonnent les années à La Tour-de-Peilz, sur le bord du Léman, ces quatre années que les spécialistes expédient d'ordinaire dans deux phrases sévères: Courbet ne peint plus rien de bon et se tue à force de boire?
Ce secret, éprouvé au feu de la Commune de Paris, c'est la joie contagieuse de l'homme qui se gouverne lui-même.

 

(David Bosc, La Claire Fontaine, éditions Verdier 2013)