De mort vive

Le cosmos : petit jouet pour enfant
biscottes blanches sur la table de nuit
barricade de bois noir dans la nuit
phosphorescence du pain cuit
Disjoindre ces mains
Sylvain Thévoz, De mort vive, Genève, Éditions des sables, 2014)

Note critique

Voir le «Fokus» de Françoise Delorme, Cinq poètes pour l'été (Viceversalitterature.ch, 28.07.14)

[...] Poignant, le livre de Sylvain Thévoz, De mort vive, l'est aussi. Ce poète, lui, fait plutôt confiance au langage. C'est avec des paquets compacts et tendus de mots qu'il semble pousser devant lui qu'il fait apparaître des blocs d'émotions, fissurés par des moments de vide lumineux et violents. C'est du corps qu'il est question, du corps malade, du corps menacé par la mort, travaillé par une continuelle métamorphose, souvent douloureuse. Mais pas seulement. Sylvain Thévoz fait question aussi de l'esprit, de l'amour, de la détresse, de la révolte, de la soumission, du désir de trouver quelque chose que l'on ne trouve jamais, écartelé entre l'élan et la peur:

le goutte à goutte là

me murmure je t'aime à l'oreille
Je l'aime follement moi aussi

Surtout, un tel livre, profus et mouvementé, excessif, cherche à endurer la vie, cruelle, fatigante, déroutante. [...]